Weed in USA: le timide programme de Joe Biden

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Alors que le monde libre fête la victoire de Joe Biden et que se dessine son mandat, quelques précisions s’imposaient quant à la politique sur le cannabis du 46ème président des États-Unis.
Éléments de réponse… et de questionnement.

Just say no!
Joe Biden est farouchement anti-cannabis.
Ou plutôt, il l’était.
Nous sommes en 1986, et Biden (qui œuvre sous l’administration républicaine de Ronald Reagan) est un personnage clefs d’une « War on Drugs » tous azimuts, portée par le fameux “Just Say No” de la first Lady Reagan.
En 1990, il sera d’ailleurs un des artisans d’une série de mesures ultra-coercitives où le fumeur de joint est légalement mis dans le même sac que le dealer de crack.
Les lois promulguées prévoyant alors des peines de prison des plus sévères pour tout auteurs d’infractions à la législation sur les stupéfiants.
En 2010, le candidat démocrate, palpant l’air du temps, assouplira son discours “Il y a une différence entre envoyer quelqu’un en prison pour quelques onces [de weed] et la légaliser. La punition devrait correspondre au crime. Mais je pense que la légalisation est une erreur. Je crois toujours que [le cannabis ] est une drogue tremplin vers d’autres

Or maybe?
Une petite décennie plus tard, la position de l’ancien vice-président de Barack Obama sur le cannabis a évoluée « Je n’ai pas toujours eu raison. Je sais que nous n’avons pas toujours bien fait les choses [concernant les incarcérations pour des infractions liées à la marijuana]; mais j’ai toujours essayé» accorde Joe Biden lors d’une interview donnée à ABC .
Personne ne devrait être en prison pour avoir fumé de la marijuana” conclura celui qui est à l’époque Président de la commission judiciaire du Sénat.
La position actuelle de Biden, si elle ne suit pas celle de ses concitoyens (66% des américains sont favorables à une légalisation dans tout le pays), présente au moins un avantage : celui d’ouvrir la voie à une réforme du système bancaire.
Entre problèmes technique et une certaine méfiance à l’égard de l’industrie de l’or vert, la plupart des acteurs du cannabis-business légal ont en effet le plus grand mal à accéder à des services bancaire de base. Que l’on parle de prêt ou de la simple ouverture d’un compte courant corporate, les banques et instituts de crédit préfèrent pour l’instant jouer la sécurité et éviter des  sanctions pénales et /ou financières qui pourraient leurs être imposées. Et même si la loi des états libérés est du coté des ganja-entrepreneurs, la méfiance et la peur d’une mauvaise publicité leur empêche tout accès aux grandes institutions financières.

La dépénalisation, une bonne nouvelle?
Le plan de dépénalisation de Biden, au delà d’être un tiède compromis entre prohibition et légalisation, pourrait bien tourner au petit cauchemar logistique pour l’industrie du cannabis. En se contentant de décriminaliser l’herbe, Joe Biden place de facto son commerce sous contrôle de la Food and Drug Administration (FDA).
Et ce n’est pas une bonne nouvelle: en se saisissant des certifications et homologations du cannabis-trade, la FDA serait également chargée de superviser la fabrication, l’emballage et la distribution de la belle plante, imposant des exigences strictes aux producteurs, particulièrement en ce qui concerne les niveaux de THC, CBD et CBN, les trois principaux agents actifs de l’herbe magique.
Si elle est un assouplissement de la législation, la dépénalisation proposée par Biden est loin de l’eldorado cannabique proposé par un Berbie Sanders qui voulait légaliser dans tout le pays  ou de proposer une solution viable pour l’essor de l’industrie la plus florissante des États-Unis.
« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », nous enseigne le dicton.
Si le 46ème président des USA aura démontré ces dernières années sa faculté d’adaptation, il ne reste plus qu’à espérer que Sleepy Joe ne s’endorme pas sur ses lauriers une fois arrivé à la Maison Blanche.

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en est aujourd'hui le rédacteur en chef.

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