De Reefer Madness à The Big Lebowski, 5 classiques du ganja-cinéma

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Qu’elle fasse rire, qu’elle fasse peur, qu’elle vous rende riche ou vous envoie à l’ombre, l’herbe, de sa consommation à son business, est un parfait terreau à scénarios.
Zeweed a passé en revue quelques incontournables «stoner-movies»: de Reefer Madness, Easy Rider à The Big Lebowski.

-Reefer Madness (1936).
Peur sur la weed.
Trois ans après la levée de la prohibition sur l’alcool, l’Amérique pudibonde se trouve avec la marijuana, une nouvelle tête de Turc. Commandé en 1936 par une communauté religieuse chrétienne, le film se vouait à être éducatif et projeté dans les écoles.  Mettant en scène des étudiants s’adonnant au vice vert, le moyen métrage est une violente charge contre la consommation de cannabis, objet de tous les maux d’une Amérique bien pensante des années 30 et 40 (chasse aux sorcières fumantes  illustrée dans le très bon LA confidential). L’absurdité des situations comme du message, le tout  interprété par des acteurs qui n’avaient visiblement jamais fumé, fit de Reefer Madness un midnight movie culte.

Musique Cab Calloway : The Reefer Man
Weed : Grandaddy Purple

-Easy Rider. (1968)
Épique-hippie road movie.
Easy-Rider, prix de la première œuvre au Festival de Cannes 1969 réunit à l’écran Peter Fonda, Jack Nicholson et Dennis Hopper (qui réalisa le chef-d’œuvre). Le trio des belles gueules bad boys de  Laurel Canyon offre une incroyable et inédite performance,  entre coolitude absolue, scandale assumé et cynisme amuséL’histoire débute autour de deux bikers, un sexy, un dude (Fonda et Hopper), qui après un très bon deal prennent l’oseille et se cassent, pour traverser les États-Unis à bécane. Ils embarqueront ensuite avec eux Nicholson, rencontré chemin faisant. Quelques scènes légendaires dont celle du (vrai) joint fumé autour d’un feu de camp, ou de la (vraie) psilocybine consommée pendant une scène dans un cimetière s’en suivent, jusqu’à ce que ces Freaks Brothers en Harley voient  leur rêve américain stoppé net par deux pèquenauds, à coups de fusil. 

Musique :The Fraternity of man : Don’t Bogart Me
Weed :Biker Kush 

-Up in smoke (1978)
Faut trouver le scénar’
Le premier et plus célèbre des stoner movies de Cheech et ChongQuand le film sort en 1978, Cheech et Chong sont déjà connus aux États-Unis en tant qu’humoristes. Leurs sketches tournent tous autour de la fumette, chacun campant un personnage récurent (le hippie à l’arrêt, le mexicain parano…) dans des mises en scènes cocasses.
Réalisé par Lou Adler (le producteur du groupe The Mama’s and Papa’s ) pour une poignée de dollars, le film remporte contre toute attente, un franc succès, générant un bénéfice de 44 millions de dollars pour 2 millions de billets verts à l’effigie de Georges Washington  investis. Sévèrement rentable.
Le concept du premier opus devient franchise, une série de films du même acabit suivront, tous bien accueillis par les fans de ce nouveau genre. Cheech and Chong’s Next Movie, Still Smokin Nice Dreams Things Are Tough All Over American chicano …

Musique: Dr Hook : I got Stoned and I missed it
Weed: Laughing Buddha

-Half Baked(1998)
Stoners de haut vol.
Dave Chappelle,  tout comme Cheech et Chong,  a commencé sa carrière en tant que stand-up comedian. Le pitch: quatre dudes New-Yorkais sont réunis par une même passion : fumer et fumer un peu plus encore, puis aller pécho. Sans le sou, nos comparses se retrouvent soudainement obligés de réunir 100.000$ pour faire sortir leur ami de prison. Ce dernier s’étant retrouvé derrière les barreaux pour avoir tué un cheval avec un paquet de dragibus (l’accident classique). Pour payer la caution de leur ami,  il leur faudra voler de la weed, beaucoup de weed, pour la revendre. . Vol de beuh thérapeutique dans un hôpital pour la revendre, vol de beuh chez un dealer, vol de beuh dans un commissariat … la trame narrative, si elle ne s’envole pas aussi haut que nos amis foncedés, laisse place à quelques très bons gags et dialogues.  On s’amusera aussi des caméos de Willie Nelson ou  Snoop Dog.

Musique: Run DMC : You be illin’
Weed: Girl Scout Cookies

-The Big Lebowski (1998)
L’art du peignoir.
Les frères Cohen, au sommet de leur comique (un scripte implacable, une réalisation impeccable, des personnages devenus légendaires) avec ce sublime portrait du « Dude ». Un Dude, dont les expressions, comportements et codes vestimentaires sont inspirés d’ un certain Jeff Dowd, connaissance des réalisateurs. (Le vrai dude, toujours en vie, continue de couler des jours heureux à Los Angeles.) Si la ganja n’est pas au centre de l’histoire, le film entier, lui, est une ode à la stonitude californienne. La scène de la fête sur la plage de Malibu comme celle du trip de Jeff Bridges qui s’ensuit méritent une attention particulière. Tout comme celles de John « Jesus » Turturro au bowling.
Au casting ;  Philippe Seymour Hoffman en majordome ultra-coincé et hilarant, Steve Buscemi en troisième sidekick déprimant et dépressif, Julian Moore en héritière arty-féministe et Flea, (le bassiste des Red Hot Chili Peppers) en nihiliste allemand.. Un total régal.
Le tout sur une B.O remarquable où les classiques « The man in me » de Bob Dylan, I just dropped in (to see what condition my condition was in) de Kenny Rogers ou encore les reprises d’  « Hotel California » des Gipsy Kings ou du  « Dead Flowers » des Stones, par Town Van Zandt accompagnent majestueusement (c’est le mot) un des favoris de notre sélection..

Musique: Kenny Rogers dropped in (to see what condition my condition was in)
Weed: Royal Dwarf

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Journaliste, peintre et musicien, Kira Moon est un homme curieux de toutes choses. Un penchant pour la découverte qui l'a amené à travailler à Los Angeles, New York ou Londres pendant une dizaine d'années. Revenu en France, l'oiseau à plumes bien trempées s'est posé sur la branche Zeweed en 2018. Il en aujourd'hui le rédacteur en chef.

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