Les bons côtés de la vie au temps du corona

En paralysant vie quotidienne et économie, la pandémie de Covid-19 diminue notre empreinte environnementale. Un bienfait à terme.

La pandémie, c’est un peu comme la Guerre des étoiles. Du côté obscur de la force, il y a le coronavirus qui, rapide comme l’éclair, a emporté en quelques semaines, 13.000 personnes (chiffre à actualiser avant mis en ligne, nda) dans le monde, comptabilisent l’Organisation mondiale pour la santé. Aussi important soit-il, ce chiffre mérite d’être relativisé. La pollution de l’air urbain tue entre 400 et 800 fois plus de monde chaque année[1], sans que personne ne trouve rien à y redire. Évoquer la qualité de l’air permet d’aborder le côté lumineux de la force de Covid-19.

En mettant leur population en quarantaine, les gouvernements chinois, italien, français ou californien ont ralenti l’activité économique, et, conséquemment, l’émission de polluants. Début mars, des satellites de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne montraient des baisses spectaculaires (-10% à -30%) des concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote au-dessus des régions industrialisées de Chine et d’Italie.

Bonne nouvelle, car la mauvaise qualité de l’air pourrait faciliter la propagation du Covid-19, rappelle la société italienne pour la santé environnementale. S’il venait à durer, l’assainissement de l’atmosphère métropolitain pourrait épargner plus de vies que la pandémie n’en emportera.
Je vous parlais des avions. Reprenons le fil de la conversation. Si les Boeing, Airbus et autres Bombardier restent cloués au sol, c’est autant de kérosène qui ne sera pas brûlé et d’émissions de CO2 économisées. À cela, il faut ajouter le quasi-arrêt de l’industrie lourde. De quoi réduire sensiblement la consommation d’énergie. En France, la demande de gaz naturel et d’électricité a déjà chuté de 10% à 15%, ces derniers jours par rapport à des journées « normales » d’un mois de mars. Cette baisse d’activités carbonées fait dire à certains experts que les émissions mondiales de GES pourraient chuter en 2020 : une première depuis la crise financière de 2009 !

La pandémie, c’est aussi plein d’effets positifs inattendus. À Venise, la suspension du trafic des vaporetti et des gondoles a redonné à l’eau des canaux sa transparence originelle.
En Europe et aux États-Unis, les administrations promettent des milliers de milliards de dollars aux entreprises et aux particuliers pour relancer l’économie. La preuve, s’il en était besoin, qu’en cas de danger, les gouvernements peuvent faire abstraction de leurs promesses de rigueur financière. Ça tombe bien !  Enrayer le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité demandera d’investir beaucoup d’argent pendant une génération ou deux. Le pli est pris. Ce serait dommage de s’arrêter en si aussi bon chemin.

Volodia Opritchnik

[1] Tout dépend si l’on inclue dans le bilan sanitaire certains effets indirects comme le déclenchement de maladies non transmissibles (diabète ou hypertension).
[2] Selon étude réalisée, en 2016, par EY pour le compte de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et du Conseil national du bruit (CNB).