Leovino

Serial restaurateur de N.Y à Tokyo en passant par Rio de Janeiro et Paris.
Spécialiste des vins nature et du saké japonais, passionné par tous les bons produits de nos terroirs 

La Pologne, paradis du CBD

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Alors que la vie nocturne parisienne est en berne pour cause de Covid et que la consommation de fleurs de CBD est interdite en France, je suis allé faire un tour en Pologne, où une industrie florissante et libérée du chanvre bien-être s’apprête à conquérir l’Europe. Carnet de voyage depuis l’Etat le plus à l’ouest des pays de l’est.

Je savais déjà que la Pologne était un acteur important de l’industrie du CBD, en passe de devenir le 1er en Europe, restait à aller voir sur place.
Ici les boutiques de CBD pullulent, comme en France, mais la gamme de produits est beaucoup plus vaste.

Les magasins de la chaîne Dr Ziolko, dont le siège est à Varsovie sont présents dans toutes les grandes villes de Pologne et Cracovie en compte deux dans le centre historique.
Le choix en fleurs de CBD est impressionnant : Cheeese, Kush, White Widow, Dutch Dragon, Sensi Skunk et bien d’autres fameuses variétés.
Il y a aussi une belle gamme d’huiles, de cosmétiques divers, du shampooing à l’huile de massage en passant par les crèmes pour le visage, les mains ou les pieds.

La partie alimentaire est bien fournie : des « Chips of Mind » à l’effigie d’un rastaman, une boisson énergétique « So Stoned », des cookies, des sucettes style chupa chups, des infusions, du chocolat, des barres énergétiques et même des préparations de protéine pour les sportifs.
Chiens et chats ne sont pas oubliés avec des huiles de CBD spéciales.

 Vient ensuite toute une gamme de bongs et autres accessoires pour fumeurs, et des T-shirts et chaussettes aux couleurs vives.
Outre son réseau national, Dr Ziolko dispose d’un autre atout qui est la livraison en 30 minutes via Uber, ce qui est à l’heure actuelle unique en Europe.

A Cracovie les magasins indépendants aussi sont créatifs et proposent tous un vaste choix de CBD et ses dérivés, j’en ai sélectionné deux.
Dans l’une des plus célèbres rues du centre historique, Florianska, le bien nommé « 4.20 – Fast Weed to go » propose des paquets de cigarettes de CBD, des blunts et tous les accessoires imaginables pour la fumette, avec un « Big Discount » pour les youtubers et tiktokers.

Je vous recommande aussi la boutique Hemptia, située dans la même rue, au fond d’une cour.
Outre toutes les variétés de CBD connues, les accessoires pour fumer, des infusions et des cafés, et une belle sélection de cosmétiques, Hemptia dispose d’un lounge pour pouvoir déguster tranquillement sa weed dans un fauteuil confortable.

Enfin, Cracovie compte dans tous les quartiers de la ville de nombreux « Weedomat », ces distributeurs de CBD et papier à rouler qui permettent aux noctambules en quête de cannabis light de se ravitailler 24/24.


Forte de tous ces atouts,  Cracovie, capitale culturelle de la Pologne, est en passe de devenir aussi une destination pour le tourisme de la weed légale. J’ai d’ailleurs systématiquement croisé des touristes dans chaque magasins que j’ai visité.

 

Dr Ziolko : www.drziolko.pl
A Cracovie: Starowislana 52 et Stradomska 18
4.20 : Florianska 3, Cracovie
Hemptia : www.hemptia.pl
Florianska 6, Cracovie

Panakeia, le chanvre bien-être garanti sans THC ni CBD.

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Développée par l’entreprise française Cannaveyron, Panakeia est la première variété de chanvre CBG naturellement dépourvue de THC et de CBD. Alors que l’Etat vient d’interdire la commercialisation de fleurs de CBD dans l’Hexagone, la Panakeia pourrait bien contribuer à sortir le secteur de la panade. Zeweed a rencontré Yohan Varin, l’homme derrière cette petite révolution du chanvre bien-être.

Le 1er janvier, la filière chanvre française se réveillait avec une sale gueule de bois. La veille, un arrêté surprise publié au Journal Officiel interdisait du jour au lendemain la possession, la vente et la consommation de fleurs de CBD.
Principale raison invoquée par le gouvernement: l’impossibilité pour les forces de l’ordre de vérifier la teneur en THC des produits vendus.

Si l’argument ne tient pas la route (la Suisse, la Belgique ou l’Italie disposent de tests rapides et fiables largement déployés auprès de leurs forces de l’ordre), il est encore plus dur à avaler pour  Yohan Varin: en novembre dernier, avec ses deux associés Daniel Sournac et Hassan Benahmed, Yohan lançait la première culture de chanvre bien-être garantie sans THC .. ni CBD.

Des premières graines plantées dans le Quercy il y a 4 ans…

Tout commence en 2017 lorsque Yohan plante ses premières graines de chanvre dans le Parc Naturel Régional du Quercy. Très vite, il comprend que si les producteurs français ne se regroupent pas pour s’entraider et mutualiser leurs coûts, ils risquent fort de se faire dévorer par les grandes industries qui lorgnent sur un marché européen estimé à 1.3 milliards d’euros en 2023

Fort de ce constat, Yohan Varin co-fonde avec François-Guillaume Piotrowski et Charles Morrel l’AFPC (Association Française des Producteurs de Cannabinoïdes). A ce jour, le syndicat qui s’est donné pour mission de « promouvoir un CBD français de qualité dans l’intérêt des producteurs, des revendeurs et des consommateurs » compte près de 200 adhérents.

… A la co-création d’un syndicat qui regroupe près de 200 adhérents.

En automne 2020, Yohan crée, avec Daniel Sournac et Hassan Benahmed, la marque Frenchcbdreams /Cannaveyron.
En 2021 la start-up cannabique produira plus d’une demie tonne de chanvre CBD premium. Car contrairement à nombre de ses concurrents, Yohan pratique une extraction mécanique du THC, sans l’utilisation du moindre solvant.

Mais la vraie révolution proposée par Cannaveyron est ailleurs.
Depuis quelques mois, Yohan et ses deux associés cultivent du chanvre cannabigérol (CBG) garanti sans THC à l’état naturel. Une grande première pour la filière française.

18% de CBG et aucune trace de THC à la récolte

Baptisée Panakeia, cette petite merveille de la botanique moderne affiche un taux de CBG de 18% pour 0% de THC. Un exploit rendu possible grâce aux travaux en génétique agricole de la société espagnole Hemp Trading.

Dans l’état actuel de la législation française, qui ne permet pas d’extraire les composants du cannabis en France, la Panakeia se pose comme la solution rêvée pour proposer aux consommateurs un produit propre, riche en principes actifs et on ne peut plus légal.

Au delà du marché du chanvre bien-être, c’est aussi le marché du cannabis à visée médicale que Yohan compte pénétrer avec la Panakeia. Tout comme le THC ou le CBD, le CBG possède de nombreuses propriétés thérapeutiques à même de soulager les patients atteints de glaucome, de la maladie de Parkinson, d’Alzheimer ou encore de la maladie de Crohn. Le CBG est aussi reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires, anti-bactériennes, antibiotiques et antispasmodiques.

La Panakeia : une tête à tête de ventes.

Cerise sur la sommité florale: la Panakeia offre de très bons rendements et garantie des productions sans pertes. Pour l’instant, la législation oblige les cultivateurs à détruire leur récolte dès lors qu’elle présente un taux de THC supérieur à 0,2 % en produit fini, soit à peu près 1% de THC en produit brut. La Panakeia étant naturellement dépourvue de THC, les coûts d’exploitation s’en trouvent largement réduits. Les trois associés en cultivent à ce jour 700 pieds.
Avec une approche globale (recherche, éducation, marketing, distribution, juridique) et durable, Frenchcbdreams a tout pour devenir un modèle vertueux du chanvre bien-être.

Commandes et informations: le site de Cannaveyron/Frenchcbdreams est accessible via ce lien

Serum: la boisson idéale pour tenir un vrai dry January

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Nouvelles restrictions liées au Covid, fleurs de CBD interdites le 31 décembre, mois sans tabac, dry January… L’année 2022 commence mal pourvu que l’on suive les recommandations morales ou légales du moment. Pas de panique, j’ai la solution idéale pour remplacer et votre bière de fin de journée et la petite cigarette de CBD devant la télé:  il s’agit de Sérum, une boisson bien corsée en cannabidiol créé par la jeune société française Shake It Easy.

Shake It Easy, spécialiste des cocktails créatifs nous propose son  « Sérum », soit une boisson au thé noir, jus d’aloe vera, hibiscus, pomme et grenade, hautement dosée en CBD puisque chaque bouteille ne contient pas moins de 33 mg de CBD (le plus fort taux de CBD pour une boisson sur le marché français).

« Fabriqué en France avec amour » indique  l’étiquette. Voilà qui donne déjà envie de goûter le breuvage sans édulcorant ni colorants
Peu sucré et rafraîchissant, avec un goût de thé noir assez présent au début qui laisse ensuite place à la pomme, l’hibiscus et la grenade.
Il y a actuellement peu de boissons au CBD sans alcool disponibles dans l’Hexagone, et ce sont généralement des sodas ou des eaux aromatisées. Ici nous avons un vrai cocktail.

Le Sérum peut aisément se boire à tout moment de la journée, le CBD apportant un réel effet relaxant.
Comme toutes les boissons au CBD, il est préférable de le prendre régulièrement sous forme de cure pour en apprécier pleinement les effets à long terme sur la santé.

Véritable boisson de bien-être, sans THC, les autres ingrédients du Sérum ajoutent d’autre bienfaits, comme le jus de grenade connu pour ses vertus anti-inflammatoire et le jus d’aloe vera qui renforce le système immunitaire.

Le Sérum est disponible ici

Dead Man’s Fingers, le premier rhum au CBD !

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Glou-glou, c’est votre rendez-vous avec des alcools surprenants, naturels et conviviaux. La semaine dernière, je vous avais parlé de l’Etonnant, un remarquable vin au CBD. Aujourd’hui, place à un breuvage distillé sur les îles et sous le Soleil : le rhum. Mais pas n’importe lequel puisqu’à la fermentation de la canne à sucre s’ajoutent les délicieux effets du cannabidiol  : voici Dead Man’s Fingers, le premier rhum au CBD. De quoi réchauffer les morts au Réveillon!

Le nom déjà : Dead Man’s Fingers. Ensuite la bouteille et son étiquette affichant un crâne humain. On se croit dans un univers de pirates, même si l’histoire de ce rhum est beaucoup plus sage.
Dead Man’s Fingers désigne les pattes de crabe en anglais pour cette marque créée en 2015 par le restaurant Rum & Crab Shack, en Cornouailles (Angleterre).
Comme son nom l’indique, ce restaurant offre des spécialités de crabe et autres crustacés, et a développé ses propres recettes de rhum arrangé à partir de rhums des Caraïbes (provenant de Trinidad et de la Barbade).
Les rhums Dead Man’s Fingers ont connu un succès rapide qui a vite dépassé la région de Cornouailles et s’exportent aujourd’hui dans le monde entier.

La gamme propose des saveurs originales : ananas, noix de coco, café, épices, et chanvre (Hemp) que j’ai eu l’occasion de goûter.
C’est donc un rhum infusé au CBD : au nez c’est très herbacé, surprenant pour un rhum, on sent aussi des notes de café torréfié et de chocolat noir.
En bouche les arômes traditionnels du rhum sont bien présents, mais le CBD donne un goût vraiment différent, frais et mentholé. On sent aussi un léger goût de violette, étonnant mais agréable.

J’avoue avoir été un peu déconcerté à la première gorgée, mais j’y ai vite pris goût, le 1er verre en appelle aussitôt un 2ème.
Le Dead Man’s Fingers Hemp est un bon compagnon de vacances, que ce soit au bord de la piscine, en balade en montagne, ou en terrasse, et c’est un rhum qui se prête très bien à toutes sortes de cocktails.

Le plus simple et apprécié des cocktails:

Le HEMP RUM & COKE :
-6cl de Dead Man’s Fingers Hemp
-4cl de jus de citron vert
-15cl de cola
Garnir d’un quartier de citron vert

Pour ceux qui veulent aller plus loin, voici quelques autres recettes originales avec du Dead Man’s Fingers Hemp :

DEAD MULE :
-5cl de Dead Man’s Fingers Hemp
-20cl de ginger ale
Garnir de quelques feuilles de menthe

PURPLE HAZE (mon préféré, que Jimmy Hendrix aurait probablement apprécié ) :
5cl de Dead Man’s Fingers Hemp
6cl de jus de cranberry
2,5cl de sirop de rhubarbe
Un filet de citron vert pressé
Garnir d’un zeste d’orange ou de citron

DANKUIRI :
5cl de Dead Man’s Fingers Hemp
3cl de jus de citron vert
2,5cl de sirop de sucre
Mélanger et passer dans un verre

HEMP HIGHBALL :
5cl de Dead Man’s Fingers Hemp
20cl d’Indian Tonic
Mélanger et servir sur des glaçons
Garnir d’une tranche de concombre

Vous pouvez commander le Dead Man’s Fingers sur ce lien ou le trouver chez tous les bons cavistes.
A la semaine prochaine pour de nouvelles découvertes !

« Simplement du vin », le domaine italien simplement divin

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Chaque semaine, je vous fait découvrir un vin, un saké ou un spiritueux naturel qui fleure bon le soleil et la terre, à l’image d’un plant de chanvre cultivé avec amour. Aujourd’hui, nous partons en Italie découvrir les crus élevés en biodynamie « Semplicemente Vino ».

« Semplicemente Vino » (« simplement du vin » en Français), c’est le nom de l’étonnante gamme de vins élaborée par Stefano Bellotti (1969-2018).
Dans la région de Gavi, au sud du Piémont, ce pionnier de la biodynamie a démarré sa première viticulture bio en 1977 avant de passer en biodynamie en 1984. Il était aussi le président de la section italienne de « Renaissance des Appellations », l’association de vignerons en biodynamie créée en France par Nicolas Joly (Domaine La Coulée de Serrant).
Stefano Bellotti était l’un des plus importants représentants du mouvement du vin nature en Italie. Depuis sa disparition, sa fille Ilaria poursuit son œuvre au sein du domaine Cascina degli Ulivi.

Stefano Bellotti

Les vignes ont en moyenne 20 ans d’âge, la culture suit les préceptes de la biodynamie, et toutes les vendanges sont manuelles.
Le domaine compte 33 hectares, dont 22 de vignes, le reste étant composé de champs de céréales, d’un potager, d’arbres fruitiers et de pâturages pour les vaches. Cascina degli Ulivi produit ainsi du pain au levain, des fromages et du miel.
Il est aussi possible de dîner sur place, où 90% des ingrédients des plats servis viennent du domaine.

La gamme « Semplicemente Vino » constitue l’entrée de gamme du domaine et c’est déjà une très belle introduction aux vins de Stefano Bellotti.
Disponible en rouge, blanc et rosé, la bouteille arbore une étiquette très simple et une capsule, signe qu’il s’agit d’un vin « glouglou ».

Le rouge est un assemblage des cépages Barbera et Dolcetto. Vinifié uniquement avec les levures indigènes, sans soufre ajouté, les raisins sont égrappés, pressés puis fermentés pendant 3 semaines en vieux fûts avant d’être vieillis en barriques de 2000 à 3000 litres.
L’arôme est de fruits rouges mûrs, en bouche le vin est charpenté mais vivace, avec une belle fraîcheur finale.

Le blanc est issu de Chardonnay et Cortese.  Les raisins utilisés pour élaborer le Bellotti Semplicemente Vino Bianco sont égrappés et pressurés doucement. Le moût est ensuite nettoyé de ses impuretés par décantation statique pendant 24 heures. Par la suite, on procède à une fermentation alcoolique et malolactique spontanée, qui se fait dans un réservoir en acier inoxydable. Après fermentation et dans ce même réservoir, le vin passe par un élevage sur lies de trois mois.

De couleur jaune paille, il a des arômes beurrés avec des touches citriques et de noix. Il développe ensuite des arômes floraux, on perçoit une certaine réminiscence des vins du Jura. Le final est très frais et envoûtant, et incite à se reservir aussitôt.
Les vins Semplicemente Vino sont excellents jeunes mais peuvent très bien vieillir quelques années. S’agissant de vin vivant, il est également intéressant de déboucher une bouteille et la déguster sur plusieurs jours d’affilée, on perçoit alors les différentes phases par lesquelles passe le vin.

Il y a d’autres vins de très haut niveau produits par Cascina degli Ulivi, mais à environ 15 euros la bouteille, en rouge comme en blanc, le Semplicemente Vino est d’un excellent rapport qualité-prix, un vrai vin de plaisir que je vous recommande pour de bons moments en famille ou entre amis.
Bon weekend et à la semaine prochaine.

Les vins sont disponibles ici

Faut-il encore boire du Beaujolais Nouveau ?

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Chaque semaine, je vous fait découvrir un vin, un saké ou un spiritueux naturel qui fleure bon le soleil et la terre, à l’image d’un plant de chanvre cultivé avec amour. Aujourd’hui, et quitte à surprendre, c’est du Beaujolais Nouveau dont je vous parle.

A la question « Faut-il encore boire du Beaujolais Nouveau ? », on serait tenté de répondre non,  tant les vins produits par Georges Duboeuf  -pour ne pas le nommer-  nous ont fait mal à la tête et causé du tort à l’appellation Beaujolais.
Des millions de bouteilles de « Bojo' » livrées dans le monde entier chaque 3e jeudi de novembre, un goût de banane ou framboise selon les années et un plan marketing bien rôdé, pour un breuvage qui est un vin trop jeune, bourré de produits de synthèse et de sucre, ça suffit!

Heureusement depuis quelques années on redécouvre les vignerons nature du Beaujolais, ceux qui ont toujours cultivé leurs vignes sans désherbants et pesticides chimiques, et vinifié uniquement avec les levures indigènes, sans autre intrant.
Il est bon de rappeler qu’au début des années 80, tandis que les vignes de toute la France étaient abreuvées de pesticides, un groupe de jeunes vignerons autour de Marcel Lapierre à Villié Morgon élabore du vin avec seulement du raisin, sans levure ajoutée et sans soufre, suivant en cela les enseignements de Jules Chauvet, considéré à juste titre comme le père du vin naturel en France.

Bien choisir son Beaujolais permet d’éviter de déguster… le lendemain.

Marcel Lapierre, Jean Foillard, Yvon Métras, Jean-Paul Thévenet et Guy Breton figurent aujourd’hui sur la carte des plus grands restaurants du monde entier. Il faudrait aussi ajouter Karim Vionnet, qui cultive dans la plus pure tradition des vignes ayant appartenu à Jules Chauvet, ainsi que Jean-Claude Lapalu, Jean-Louis Dutraive ou encore Bruno,et Isabelle Perraud.

Mathieu et Camille Lapierre proposent un très bon Beaukolais Primeur, chic mais pas choc.

Aujourd’hui les « fils et filles de » ont pris le relais (Camille et Mathieu Lapierre, Alex Foillard, Jules Métras, Justin Dutraive etc) et ont attiré dans leur sillage de nouveaux venus comme Sylvère Trichard, David Large, Rémi Dufaitre, Pierre Cotton ou Yann Bertrand « la nouvelle star du Beaujolais » selon Les Echos.

Yann Bertrand , l’étoile montante du Beaujolais.

Aujourd’hui le Beaujolais a le vent en poupe et la quasi-totalité des nouveaux domaines sont en bio. De 60 domaines bio en 2010 on est passé à 188 en 2020.
Des salons comme « Bien Boire en Beaujolais », ou « Sous les Pavés la Vigne », organisé par Rue 89 à Lyon, contribuent à médiatiser ce phénomène.
Succès à l’exportation, le Beaujolais bio et nature se vend aussi très bien chez les cavistes et dans les bistrots.
Avec le réchauffement climatique qui fait sensiblement augmenter le % d’alcool des vins, des Côtes du Rhône à l’Alsace, le Gamay du Beaujolais reste relativement léger.

« Le petit vin que l’on boit sous les tonnelles » … et par tonneaux sur les barriques.

Grâce à l’absence de traitement chimique des vignes, les racines plongent plus loin dans le sol qu’en viticulture conventionnelle, et la vigne souffre ainsi moins de la chaleur.
Tous les vignerons nature du Beaujolais ne produisent pas du Beaujolais nouveau chaque année, et 2021 a été une année particulièrement éprouvante pour le vignoble français.
Le 18 novembre sera tout de même l’occasion de faire la fête, celle qu’on n’a pas eue en 2020, autour des vins du Beaujolais Nouveau et de redécouvrir les crus de la région.
Quelques références incontournables : Marcel Lapierre, Jean Foillard, Karim Vionnet, Jean-Paul Thévenet, Guy Breton, Sylvère Trichard, Yann Bertrand.

Le primeur de Karim Vionnet: un de mes favoris

Bonne fête du Beaujolais, bon weekend et à la semaine prochaine.

Un petit tour dans la vallée du Rif

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A l’heure où le gouvernement marocain envisage de légaliser le cannabis à usage médical pour l’exportation, je me suis rendu dans la vallée du Rif, où sa production assure 80% des revenus locaux et fournit plus de 80% du haschisch vendu en France.

Chefchaouen est la seule ville dans la région qui dispose d’une infrastructure pour accueillir des touristes, c’est donc là que je prends rendez-vous pour retrouver celui qui m’amènera visiter une ferme de kif.
Surnommée « la ville bleue », Chefchaouen est à 115 km au sud-est de Tanger, en passant par Tetouan. C’est la ville la plus touristique de la région, même si en cette saison et avec les restrictions liées au Covid, les touristes se font plutôt rares.
J’arrive dans une ville aussi sublime que calme, dont le bleu uniforme des rues vides n’est perturbé que par le contraste des orangers qui bordent les voies.

C’est dans un magasin d’antiquités/souvenirs de la medina que j’ai rendez-vous avec Ali*, le guide recommandé par mes amis de Tanger et qui m’accompagnera toute la journée
Aux alentours de 15h, nous partons à pied vers la montagne située au-dessus de Chefchaouen, en direction de la ferme. La randonnée, réputée facile,  est particulièrement agréable sous les douces températures de ce début novembre.

Direction une ferme de cannabis, kilomètre zéro de la route du haschich

Après trois quart d’heure de marche, nous arrivons à une petite maison où nous attend Redouane, un homme d’une trentaine d’années dont la famille cultive le kif depuis 3 générations.
Il nous accueille dans son salon où sa femme nous apporte du thé, avant que nous ne passions dans la pièce arrière qui ressemble à un local de stockage. Avant de pénétrer dans la pièce, Redouane me demande de laisser mon portable dans le salon: je ne pourrai pas prendre de photos.
Grosse déception.  j’aurais aimé être prévenu avant…que faire maintenant? Maintenant que je suis là, autant voir de quoi il retourne: la marche -aussi délicieuse fut-elle-  n’aura pas été vaine.

Nous entrons dans une pièce mal éclairée et bien encombrée de sacs en plastique remplis d’herbe séchée.
Redouane nous fait avancer jusqu’au fond de la petite salle, allume une lampe sur une étagère et nous montre un grand seau recouvert de gaze sur lequel il place deux grosses poignées d’herbe séchée qu’il recouvre d’un sac plastique transparent.  Il sort ensuite 2 grandes baguettes et commence à tambouriner vigoureusement sur l’herbe.
Redouane nous montre ensuite la poudre qui est tombée dans le seau à travers la gaze, nous la fait sentir avant de la chauffer avec son briquet. Au bout de quelques secondes, la poudre commence à devenir collante.  Il en fait une boulette qu’il nous fait passer.

Pollen directement extrait des fleurs (photo d’illustration)

Nous repassons ensuite au salon où Redouane place le hasch dans une pipe de 30 cm de long pour la dégustation.
Content d’avoir pu assister au processus traditionnel de fabrication du hasch, même si déçu de ne pouvoir avoir pu prendre de photos de la visite, je remercie Redouane et sa femme et repars avec mon guide vers Chefchaouen. La nuit a beau être tombée, dans ma tête, le Soleil brille comme jamais.

*le prénom a été changé
En bonus, Kif-Kif, l’excellent reportage de Jacques Henri Bidermann, Philippe Lachambre et Olivier Pousset sur le haschich et sa culture autour de la petite ville de Ketama.

Kif et nostalgie dans les cafés de Tanger.

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Parti en pèlerinage au Maroc sur la route du cannabis, je vous propose de découvrir deux haut-lieux de la culture haschich : la vallée du Rif et Tanger, qui sera notre première halte.

Tanger la blanche, ville mythique qui a vu défiler les écrivains de la beat generation, en encore Paul Bowles ou Jean Genet, est devenue dans les années 60 une destination prisée de la Jetset, notamment grâce à la socialite américaine Barbara Hutton.

Orlovsky, Bowles, Burroughs, Ginsberg, Alan Ansen, Gregory Corso et Ian Sommerville à Tanger.

L’héritière des magasins Woolworth donnait alors de délirantes fêtes costumées dans sa maison située au coeur de la médina.
Les hippies du monde entier y débarquent, la vie est très bon marché, l’atmosphère aussi cosmopolite que tolérante et le kif… toujours abondant

Les Rolling Stones aussi découvrent Tanger en 1967 grâce à leurs égéries Marianne Faithfull et Anita Pallenberg, et fréquentent assidûment les cafés de Tanger dont certains sont encore là aujourd’hui. Brian Jones, dont ce sera le dernier voyage découvre à l’occasion de son séjour les musiciens de Joujouka dans la vallée du Rif, avec qui il enregistre l’album « Pipes of Pan at Joujouka ».

Stone(s) à Tanger

C’est donc avec tous ces fantômes qui hantent encore la ville que je pars à la découverte des cafés de Tanger.
Au Maroc le cannabis sous toutes ses formes reste illégal, mais à Tanger si l’on évite les cafés-terrasse très en vue dans le centre, il est généralement toléré de fumer du kif.

Mick Jagger, médina de tanger, 1968

Pour retrouver un peu de l’ambiance du Tanger de la grande époque, il faut commencer par la terrasse de l’hôtel Continental, hôtel historique qui a vu passer Winston Churchill et beaucoup d’autres célébrités après lui. On raconte aussi à Tanger que Mick Jagger, qui était un visiteur assidu des fêtes de Tanger dans les années 70 a voulu acheter l’hôtel, mais la vente n’a finalement pas abouti.

L’hôtel garde encore tout son charme, et même s’il faut monter beaucoup de marches pour y accéder depuis le port, la terrasse est magnifique et on peut en toute tranquilité y fumer un spliff.

L’étape suivante est le quartier de la Casbah, dans les hauteurs de Tanger, on s’y perd facilement dans un dédale de rues mais ce n’est pas immense donc on retrouve son chemin.

Point de passage obligé de tous les hippies dans les années 60-70, le café Baba n’a pas changé depuis cette époque. Les chaises sont lézardées, les vitres embrumées. On y vient toujours pour boire un thé à la menthe et fumer du kif, en regardant au mur les photos de Keith Richards et de la reine de Suède entre autres.

Juste à côté se trouve le café Cherifa, c’est un café culturel où on peut lire des livres mis à disposition et admirer les oeuvres d’artistes locaux, et fumer du kif tranquillement, avec toujours un thé à la menthe.

Autre lieu incontournable, avec une vue magnifique, le café Hafa s’étale sur plusieurs niveaux de terrasse. C’est un lieu très fréquenté le weekend, avec beaucoup de familles, mais les fumeurs de kif y sont toujours les bienvenus, la maison fournit même des feuilles à ceux qui en ont besoin. Etant totalement en plein air et suffisamment spacieux, la coexistence avec les non-fumeurs au café Hafa est cordiale.

Un autre café agréable avec une belle vue est le café Azur, toujours dans le quartier de la Casbah, également kif friendly.

On pourrait aussi mentionner le restaurant de poissons Chez Abdou sur la plage à 20 Km de Tanger, qui a vu passer toute la jet set et qui reste une excellente adresse pour la qualité des poissons, l’accueil et l’emplacement de rêve.
Même si les grandes heures de Tanger sont passées, cette ville continue d’exercer sa fascination et les diverses grandes constructions en cours montrent que sa période d’endormissement n’est plus. Tanger n’a pas dit son dernier mot.

Les pépites du Jura

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Chaque semaine, je vous propose de découvrir un alcool qui sent bon la nature et le soleil, à l’image d’une belle weed qui nous offre le meilleur de la terre. Aujourd’hui, le Jura et ses vins naturels sont à l’honneur.

Lundi 8 novembre dernier avait lieu à Paris le salon « Le Nez dans le Vert », organisé par l’association du même nom, qui regroupe la plupart des vignerons nature du Jura.
Ce rendez-vous très attendu après une longue absence est aussi pour moi l’occasion de vous parler un peu de ces pépites qui s’arrachent à l’exportation mais restent encore méconnues en France.

« Le Nez dans le Vert », le joyeux rendez-vous du bon jaja jurassien.

En effet pour beaucoup le Jura est synonyme de vin jaune, ce qui est très réducteur, d’autant plus que le vin jaune est une spécialité qui peut être assez clivante.
Les vins oxydatifs en général ont leurs fans, dont je fais partie mais restent des vins assez spéciaux.

Parmi les vins du Jura on trouve des rouges très intéressants, issus des cépages pinot noir, trousseau et poulsard (ces deux derniers étant des cépages autochtones du Jura).
Ce sont des rouges très fruités, peu taniques, et d’une grande fraîcheur.
Lorsqu’on ouvre une bouteille de rouge du Jura, elle ne dure pas longtemps, tant ce vin séduit par ses arômes de fruits rouges frais et d’épices délicates.

Le poulsard avec sa couleur très claire pourrait passer pour un rosé mais les parfums très distincts de ce vin très délicat le placent dans une catégorie à part.
On pourrait classer les rouges du Jura comme des vins d’été, mais c’est dommage car ils sont bons à boire toute l’année, pour un apéro ou un repas léger.

Du côté des blancs, les principaux cépages cultivés sont le chardonnay et le savagnin.
Le chardonnay du Jura est assez différent de celui cultivé en Bourgogne ; l’arôme est très floral, avec des notes de miel et fruits secs, et les chardonnay du Jura sont  des vins d’une grande vivacité.

Savagnin: arômes de noix, bouche puissante, notes de curry et une touche « beurrée » en finale.

Le savagnin, cépage originaire d’Autriche devenu emblématique du Jura, donne des vins très typés, qui peuvent être oxydatifs (des vins non ouillés, c’est-à-dire qu’on laisse le fût ouvert, ce qui provoque une évaporation et la formation d’un voile à la surface du vin).
Il est reconnaissable à son arôme de noix, une bouche puissante aux notes de curry et une texture très ronde avec une touche beurrée en finale. Les vins issus du savagnin ont un grand potentiel de vieillissement. Il peut aussi être assemblé avec un chardonnay.

Jura on the rocks

Etant la plus petite région viticole de France, privilégiant encore les méthodes de culture ancestrales, le Jura a un niveau de qualité très élevé.
Malgré la flambée des prix des vins jurassiens au cours des 15 dernières années, de jeunes vignerons viennent encore s’y installer, attirés par ces vins hors normes et héritiers d’une longue tradition.

Ainsi parmi les valeurs sûres de la région comme Overnoy-Houillon, Tissot, Pignier, l’Octavin ou Bornard, la jeune génération représentée par Valentin Morel (« Les Pieds sur Terre ») et le plus récent domaine, Novice, forgent déjà les futurs vins légendaires du Jura.

J’ai pu goûter chez Valentin Morel un vin étonnant et délicieux issu de 4 cépages résistants (ne nécessitant aucun traitement, même naturel), intitulé « Hommage à la Canaille ».
Chez Novice, le domaine d’Yves et Christelle Roy, installés depuis 2 ans, j’ai apprécié un vin de macération magnifique, « Jaja, à l’Envers à l’Endroit ».

La plupart des vins du Jura restent difficiles à se procurer tant la demande est grande, aussi si vous trouvez chez un caviste des bouteilles de l’un de ces vignerons, n’hésitez pas. Bon armistice, bon week end  et à la semaine prochaine!

Tenute Dettori Renosu Bianco, le soleil de la Sardaigne

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Chaque vendredi, je vous emmène à la découverte d’un alcool qui sent bon la nature et le soleil, à l’image d’une belle weed qui nous offre le meilleur de la terre. Cette semaine, cap sur la Sardaigne pour une belle gorgée de chaleur avant l’hiver.

Tandis que les températures se rafraîchissent de plus en plus, rien de mieux qu’un vin de Tenute Dettori, de la région de Romangia (au nord-ouest de la Sardaigne) pour revivre des vacances au soleil.
Le vignoble créé en 1980 par Alessandro Dettori compte aujourd’hui 24 hectares, cultivés en biodynamie.

La volonté d’Alessandro a toujours été que ses vins représentent l’essence du terroir, le terroir réel, le vrai. Il crée des vins de tradition et de terroir, des vins libres, libres de s’exprimer eux-mêmes, libres d’exprimer pleinement leur terroir parce qu’ils sont tout simplement issus d’un raisin fermenté. Ils ne sont pas des vins esclaves d’une logique commerciale et du marketing. Ils ne sont pas des vins étudiés et confectionnés à dessein pour un marché important.

Alessandro présente à ses vignes le fruit se leur travail.

Alessandro refuse aussi de rentrer dans l’appellation D.O.C (équivalent Italien de l’A.O.C)  car pour lui le vin est l’expression d’un terroir spécifique, il a donc choisi de les commercialiser en IGT Romangia, cette appellation na faisant appel qu’aux vins qui sont produits sur les communes de Sennori et de Sorso en Sardaigne.

 Les variétés cultivées sont les variétés historiques comme le Cannonau, la Monica, la Pascale, le Vermentino et le Moscato di Sennori, avec quelques très vieilles vignes de plus de 100 ans. Le domaine n’utilise pas de substances chimiques ou synthétiques, la philosophie de Dettori étant que quelques gestes simples dans la cave suffisent pour que seuls le raisin et le terroir se retrouvent dans le verre.
La gamme est assez vaste mais le vin qui a retenu mon attention est le « Renosu Bianco », tant par sa complexité aromatique que pour son excellent rapport qualité/prix (autour de 12 euros la bouteille en France).

Tenutte Dettori: biodynamie, bourriquet et bonnes barriques

Issu de vignes âgées de 45 ans, de cépages Moscato Giallo et Vermentino, ce vin est passé par une macération courte (3 à 10 jours) en cuve de ciment. Ni clarifié ni filtré, il a un maximum de 20 mg de soufre ajouté lors de la mise en bouteille.
C’est ce que l’on appelle un vin orange, techniquement un vin blanc de macération.
Ce processus, inventé il y a plus de 8000 ans en Géorgie, apporte des tanins et une grande complexité aromatique au vin, et facilite aussi sa bonne conservation.

La couleur est d’un joli jaune orangé.
Au nez on perçoit des arômes de fruits (abricot, orange), de fleurs blanches, des notes herbacées et une légère touche salée.
Le goût est profond, on sent l’abricot et les herbes aromatiques, il y a un tout petit peu de sucre résiduel, ce qui donne à ce Renosu Bianco une certaine douceur, pour finir sur une note un peu saline.
C’est un vin terriblement addictif, qui incite à la rêverie, un remède contre le temps morose, le rayon de soleil qui nous manque.
Bon weekend et à la semaine prochaine!

Le site du Tenute Dettori Renosu Bianco est accessible via ce lien.
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